Bryce Pickford: Un tir invincible, une mentalité de fermier… un avenir de franc-tireur?

Dans un entretien accordé à Marco D’Amico — et relayé par la Commission Athlétique de BPM Sports — le jeune défenseur a confié qu’il modèle son jeu sur le tir d’Evan Bouchard, le coup de patin de Cale Makar et la robustesse de Wendel Clark. Ce trio révèle un joueur qui refuse de se limiter à un seul registre.

Cette combinaison surprend à première vue, mais elle surprend encore plus lorsqu’on apprend pourquoi elle existe, puis finit par faire sourire quand on réalise que Pickford joue exactement comme l’éducation qu’il a reçue. Un détail ressort: Clark ne fait pas partie des références habituelles de la nouvelle génération. Pickford l’a sûrement choisi parce qu’il a été élevé dans un environnement où on admirait les joueurs qui frappent fort, qui prennent la responsabilité sur leurs épaules et qui ne reculent jamais. Ce n’est pas un hasard si le leadership brut de Clark fait partie de son ADN.

Cette mentalité vient de la ferme familiale, là où son père ne se contentait pas de lui dire quoi faire. Il lançait avec lui jusqu’à ce que leurs mains soient à vif. Ils ont construit ensemble leur propre zone de lancers sur la terre paternelle. Les deux s’imposaient des journées de 1000 rondelles pour que le tir devienne non seulement puissant, mais automatique. Pickford parle de répétitions, pourtant l’histoire raconte surtout un père qui n’a jamais demandé plus que ce qu’il était prêt à donner lui-même. Ce type d’éducation laisse des marques qui durent toute une carrière… toute une vie.

Le résultat se voit déjà dans les chiffres. Pickford écrase la Ligue de l’Ouest (WHL) avec 33 buts, 62 points et un différentiel de +44 en seulement 42 matchs. Ces statistiques ne surviennent pas par hasard. Elles confirment qu’un défenseur au style hybride, autant artiste que travailleur d’usine, est en train d’éclore à toute vitesse.

Le Canadien lui a déjà accordé un contrat de trois saisons. Il devrait se rapporter au Rocket dès la fin de sa campagne avec les Tigers de Medicine Hat. Il est évidemment prématuré de lui coller l’étiquette Makar, tant ce nom impose un standard irréaliste. Souhaitons simplement qu’il ne s’inspire de Bouchard que pour son tir, pas pour les débats défensifs qui l’accompagnent trop souvent.

Pickford n’a peut-être pas encore atteint son plafond. Il a toutefois déjà prouvé qu’on peut grandir sur une ferme, viser les étoiles et abattre les obstacles comme des ballots de foin.